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LES RÉCIFS CORALLIENS : DES ÉCOSYSTÈMES PARMI LES PLUS RICHES DE NOTRE PLANÈTE, MENACÉS DE DISPARITION.
(Extrait du communiqué de presse du 12 mars 1999 du Ministère de l'Environnement sur la protection des récifs coralliens)
(Voir le site de l'IFRECOR)
 
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600.000 km² de récifs coralliens dans le monde : les principales causes de leur dégradation.
 
1 - Qu’est-ce qu’un récif ?
 
Les récifs sont des structures sous-marines construites par les coraux. Les coraux sont des animaux marins, vivant en symbiose avec des algues et qui constituent leur propre squelette calcaire. Ces structures coralliennes servent d’abris à des milliers d’espèces qui forment la communauté corallienne.
Les récifs représentent une grande diversité géomorphologique.
 
On distingue :
- le récif frangeant, étroit, qui borde la côte (les Antilles);
- le récif barrière, séparé de la côte par un lagon qui peut atteindre plusieurs dizaines de kilomètres de large (Australie, Nouvelle-Calédonie);
- l’atoll, qui est un récif annulaire de haute mer entourant un lagon central (atolls de l’océan Indien, des Tuamotu, des Maldives);
- le banc récifal, qui est un édifice corallien construit en pleine mer sur un haut fond.
Les écosystèmes associés aux récifs coralliens sont :
- les herbiers de phanérogrammes : zones de nutrition, en particulier pour les espèces menacées (tortues marines, Dugong) et frayères qui stabilisent le sédiment et oxygènent les eaux;
- les mangroves : systèmes biologiques très productifs, zones de reproduction et de nourricerie qui fixent les sédiments et les agents de protection des côtes contre les tempêtes et l’érosion côtière.
Ces écosystèmes occuperaient environ le tiers des littoraux tropicaux peu profonds du monde : 15% pour les récifs coralliens, 9% pour les mangroves, 9% pour les herbiers.
 
Les récifs coralliens sont présents dans plus de 100 pays, recouvrant une surface équivalente à celle de la France.
 
L’écosystème récifal est, avec les forêts tropicales, l’écosystème le plus riche en biodiversité ainsi que le plus complexe et le plus productif de la planète.
 
Les récifs abritent des dizaines de milliers d’espèces appartenant à tous les groupes zoologiques, poissons, invertébrés marins (mollusques, crustacés, éponges, coraux, vers...), mammifères, et. Dans les zones les plus riches, on peut compter plus de 700 espèces de coraux, plus de 6000 espèces de mollusques et près de 4000 espèces de poissons. Elles sont répertoriées par l’Union Internationale de la Conservation de la Nature (UICN), dans son Livre Rouge, et par la Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées de la Faune et de la Flore Sauvage (CITES). C’est le cas des Dugong (vaches marines), des tortues vertes, luth et des baleines.
 
Outre cet intérêt écologique, les récifs coralliens et leurs milieux jouent un rôle social, économique et culturel majeur pour 100 millions d’individus dont l’activité en dépend : pêche vivrière et commerciale, tourisme, activités artisanales...On estime qu’un demi-milliard de personnes, soit 8% de la population mondiale, vit à moins de 100 km d’un récif corallien. Dans le Pacifique, 2,5 millions d’individus habitent sur les îles entourées de récifs.
 
Les récifs et leurs écosystèmes constituent en effet la principale source de nourriture pour beaucoup d’insulaires : 90% des protéines animales consommées dans les îles du Pacifique sont d’origine marine. La production potentielle des ressources marines d’origine récifale est estimée à 12% des captures mondiales actuelles. Par ailleurs, les récifs coralliens contribuent environ au quart des captures totales de poissons. En Asie, par exemple, ils fournissent de la nourriture à 1 milliard d’habitants. Enfin, on considère globalement que la destruction d’un km² de récifs prive les communautés côtières des moyens d’alimenter 40 à 80 de leurs familles.
Il faut ajouter aux " qualités nutritives " des récifs et de leurs écosystèmes, un intérêt dans le domaine médical (prothèses) et pharmaceutique (substances actives prélevées sur de très nombreux organismes marins, comme les éponges, les ascidies...).
Ainsi, de nombreuses îles uniquement formées de matériaux coralliens ne doivent leur existence qu’aux récifs, comme les quelques 400 atolls du monde.
Par ailleurs, les coraux forment un rempart naturel, pour les côtes, contre la violence de la mer et notamment des cyclones.
Enfin, ils offrent les plus beaux paysages de tout le monde sous-marin. Ils sont par conséquent le support d’activités touristiques et de loisirs essentiel à l’économie de certains pays.
 
2 - Les principales causes de dégradation des récifs coralliens et des écosystèmes associés (herbiers et mangroves).
 
10% des récifs dans le monde sont déjà irrémédiablement condamnés, et 30% d’entre eux sont fortement menacés de disparition d’ici 30 ans si aucune action de protection n’est entreprise. 58% de l’ensemble des récifs seraient mis en danger par l’activité humaine. Plus de 80% des récifs du Sud-est asiatique sont très menacés, principalement par le développement du littoral et les pressions liées à l’exploitation des ressources. En dehors du Pacifique, 70% des récifs sont soumis à une forte pression humaine. Les récifs du Pacifique sont les moins menacés.
 
Parmi les principales menaces qui pèsent sur ces écosystème figurent :
- les pressions anthropiques, au premier rang desquelles se situe la croissance exponentielle de la population et toutes ses conséquences (pollution, urbanisation, surexploitation des richesses marines...). En effet, les récifs côtiers situés dans des zones à forte démographie sont ceux qui subissent la plus grande dégradation. Souvent chroniques, ces pressions liées aux activités humaines ont un impact localisé et immédiat sur la frange littorale.
- les pressions naturelles, comme le phénomène global des changements climatiques, qui s’exercent indifféremment sur toutes les zones du récif, frangeant ou barrière.
a) Les pressions anthropiques
Les grands travaux d’aménagement (urbanisation, infrastructures, terrassements...), la déforestation, les mauvaises pratiques agricoles, l’exploitation des mines contribuent à renforcer la destruction du couvert végétal qui subit déjà, dans les îles tropicales, l’érosion naturelle (pluies violentes, vents...). Terres et sédiments se répandent ainsi dans la mer, directement ou après avoir été transportés par les rivières, et viennent étouffer les coraux et dissimuler la lumière vitale à ce milieu marin. S’y ajoutent l’eutrophisation des eaux.
C’est l’une des causes majeures de dégradation des coraux dans le monde.
Les remblais littoraux sur les récifs ou sur les mangroves, pour gagner du terrain sur la mer, détruisent totalement le récif et perturbent la courantologie lagunaire.
Les dragages pour la construction de ports ou de chenaux de navigation, et l’extraction des granulats coralliens, qui servent à la construction et à la réalisation de routes, sont des activités courantes dans de nombreux pays. Elles détruisent totalement les récifs touchés et étouffent les récifs alentours, en raison des sédiments coralliens mis en suspension.
La pollution des eaux, d’origine agricole, industrielle et domestique (nitrates et phosphates), surtout dans les zones où l’assainissement n’est pas satisfaisant, participe également à l’eutrophisation des eaux et favorise la multiplication d’algues ou autres organismes qui étouffent les coraux. Ces algues envahissent parfois même les herbiers et les détruisent. Les pesticides à usage agricole ou domestique, souvent rémanents, se révèlent eux aussi toxiques. Quant aux pollutions industrielles (hydrocarbures, métaux lourds, détergents), elles sont toxiques pour les organismes récifaux et ravagent particulièrement les mangroves.
L’exploitation intensive des ressources vivantes, notamment dans le Sud-Est asiatique et les Caraïbes, met des espèces en danger de disparition. En effet, certaines techniques de pêche industrielle ou artisanale sont particulièrement destructrices pour l’ensemble du milieu (prélèvement non sélectif des espèces et des jeunes): les filets maillants aux mailles trop fines, la pêche par empoisonnement, la pêche à la dynamite, les fusils sous-marins... L’utilisation de cyanure, par exemple, qui paralyse les poissons pour les capturer vivants, a démarré aux Philippines dans les années 1960 en réponse à la forte demande de poissons d’aquarium sur les marchés européen et américain, un marché qui atteint 200 millions de $ par an. Les études du World Resource Institute indiquent que " depuis les années 1960, plus de 1000 tonnes de cyanure ont été déversés sur les récifs des Philippines ". Outre les risques pour la santé, le cyanure tue les coraux.
Le tourisme s’avère également souvent nuisible pour les récifs, d’abord lors de l’aménagement des infrastructures (terrassement, dragage des récifs, rejet des eaux usées...), mais aussi par les activités offertes aux plaisanciers (mouillage de navires sur les coraux ou les herbiers, rejets domestiques des navires et des vacanciers, fréquentation des récifs par les touristes qui piétinent les platiers, plongent, brutalisent ou brisent les coraux et collectent la faune et la flore marines).
 
b) Les pressions naturelles
L’augmentation de gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère pourrait perturber le fonctionnement des écosystèmes coralliens. En effet, ce gaz contribue au réchauffement des eaux de surface des mers. Cette hausse de température, amplifiée en 1998, dans le Pacifique Sud par le courant chaud El Niño, favorise le blanchissement des récifs coralliens. Ce phénomène périodique, dont la fréquence et l’intensité en 1998 sont sans précédent, a atteint, dans les quatorze derniers mois 40 à 50% des récifs dans le monde.
La fréquence et l’intensité des cyclones devraient augmenter de 10 à 20% d’ici 2070. Or, sur le long terme, les cyclones comme les tempêtes contribuent à l’évolution de la géomorphologie des récifs et des îles coralliennes.
Par ailleurs, en plus de l’impact direct de destruction, dû à la force de la houle, les cyclones provoquent des ravinements. La terre transportée par les rivières, induit une forte sédimentation qui absorbe la lumière indispensable aux coraux. Les effets sont plus marqués en aval des bassins versants qui sont touchés par les activités humaines (mines, exploitations agricoles, terrassements...).
L’étoile de mer nommée Acanthaster planci qui se nourrit de tissus coralliens prolifère dans les récifs de 26 pays. L’origine de son explosion démographique est encore inconnue. En Polynésie, cette étoile géante est responsable de la disparition de 90% des coraux, dans certains secteurs.
Les maladies des coraux d’origine bactérienne (maladie de la bande noire et maladie de la bande blanche) se sont manifestées de manière irrégulière et principalement dans les Caraïbes. Ces maladies encore peu connues ont contribué, avec les cyclones, à décimer les populations de corail appelé Acropora palmata.
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Avec 55 000 Km² de récifs dans les DOM-TOM, la France possède l'un des plus grands domaines coralliens du monde.
 
1 - Enjeux écologiques, culturels, économiques et sociaux des récifs coralliens d’Outre-Mer.
 
La France est le seul pays au monde à posséder des récifs coralliens dans les 3 océans tropicaux, dans les DOM-TOM. Ils s’étendent sur un linéaire côtier de plus de 5.000 km en longueur développée et couvrent environ 55.000 km² ce qui représente près de 10% en surface des récifs mondiaux.
Une grande partie des îles des collectivités françaises de l’Outre-Mer sont entourées de récifs coralliens. 20% des atolls coralliens du monde sont situés en Polynésie française.
S’étendant sur plus de 1.600 km, la barrière de Nouvelle-Calédonie est la seconde plus grande barrière récifale du monde après la Grande Barrière d’Australie. La Nouvelle-Calédonie et Mayotte présentent, elles, des doubles récifs barrières, phénomène extrêmement rare. Il en existe moins de 10 au monde.
Enfin, grâce en grande partie à la présence de récifs, la France possède l’une des plus vastes Zones Économiques Exclusives (ZEE) du monde (cette zone peut s’étendre au maximum jusqu’à 200 miles marins à partir des côtes. L’État côtier détient des droits exclusifs sur l’exploitation des ressources naturelles dans cette zone): plus de 90% de l’espace maritime national se situe dans les DOM-TOM.
 
a) L’intérêt écologique des récifs coralliens des DOM-TOM
- Ce sont les écosystèmes marins français les plus riches en espèces, notamment le récif de Nouvelle-Calédonie, avec plus de 15.000 espèces répertoriées à ce jour, dont 300 espèces de coraux, 5.500 espèces de mollusques et près de 2.000 espèces de poissons.
- Plusieurs îles éparses du Pacifique ou de l’Océan Indien sont des sites d’importance vitale pour la reproduction des tortues : Chesterfield, Huon, Bellona en Nouvelle-Calédonie, Scilly en Polynésie et Tromelin dans l’océan Indien.
- Quelques unes de ces îles sont des sanctuaires sous-marins encore vierges.
- La diversité des formations récifales est exceptionnelle. De plus, ces milieux constituent des sites d’importance majeure pour de nombreuses espèces, comme les tortues marines et les Dugongs (vaches marines) désormais introuvables dans les eaux françaises sauf en Nouvelle-Calédonie et à Mayotte.
- Les quelques 80 atolls de Polynésie française, ainsi que de nombreuses "les coralliennes éparses de la France dans l’océan Indien, formées uniquement de matériaux coralliens.
b) L’intérêt culturel et socio-économique
- les produits de la pêche varient entre 2000 et 9000 tonnes par an, suivant les DOM-TOM. La pêche de subsistance, non comptabilisée, est vitale pour les populations mélanésiennes de Nouvelle-Calédonie, à Wallis et Futuna,à Mayotte, aux Antilles, et en Polynésie. Les poissons et autres produits marins correspondent, en effet, pour ces populations à la première source de protéines;
- quant à la perliculture, elle constitue une ressource majeure en Polynésie qui a généré 800 millions de FF en 1997 et a permis le retour des populations sur les atolls éloignés des Tuamotu-Gambier;
- le tourisme, en expansion grâce à la beauté des paysages et des récifs, engendre avec la perliculture, les plus grosses recettes en Polynésie, soit 7% du PIB. Une étude menée à Moorea indique que le lagon représente 80% de l’utilisation des milieux par les touristes des hôtels. Le tourisme constitue également la principale activité de l’économie des îles antillaises : le chiffre d’affaires suscité par la plongée sous-marine en Martinique est estimé à environ 15 millions de FF par an.
 
2 - Présentation des récifs des collectivités de l’Outre-Mer.
a) Dans l’océan Pacifique
- en Nouvelle-Calédonie, le récif barrière s’étend sur environ 1.600 km et constitue la seconde plus grande barrière au monde, après la grande barrière d’Australie. Avec l’ensemble des récifs qui constituent les îles autour de la Nouvelle-Calédonie, comme les atolls submergés de Fairway et de Lansdowne et, plus à l’ouest, encore les deux grands atolls de Chesterfield et de Bellona, l’ensemble des formations récifo-lagonaires couvrent environ 40.000 km²;
- à Wallis, l’île est entourée d’un récif barrière qui s’étend sur 24 km de long tandis qu’à Futuna et Alofi, les récifs, uniquement frangeants, sont très peu développés;
- la Polynésie étend ses 120 îles sur 2.500.000 km² d’océan. Les îles hautes volcaniques de l’archipel de la Société sont entourées de récifs frangeants et barrière, tandis que l’archipel des Tuamotu compte 80 atolls. Les surfaces récifo-lagonaires occupent au total 12.000 km², soit 4 fois plus que les terres;
- enfin, situé très à l’est dans le Pacifique, Clipperton est un petit atoll de 6 km², dont 2 km² seulement de terres émergées.
b) Dans l’océan Atlantique
- La Guadeloupe et d’autres îles telles Marie-Galante, les îles de l’archipel des Saintes, la Désirade, Petite-Terre, Saint-Barthélemy, et Saint-Martin sont entourées de récifs frangeants et de formations coralliennes qui ne forment pas de récif. Une barrière récifale de 29 km de long s’étend dans le Grand cul de sac Marin.
- En Martinique, à l’ouest s’étendent des formations coralliennes, au sud des récifs frangeants, les plus riches, tandis que sur la côte est s’étend sur 25 km une barrière récifale en grande partie d’origine algale.
c) Dans l’océan Indien
- Mayotte est entourée d’un grand récif barrière étendu sur 197 km et qui couvre 1.500 km2 ; il figure parmi les plus grands récifs barrières de cette partie de l’océan Indien;
- à La Réunion, les récifs frangeants bordent la côte ouest sur 25 km;
- quant aux îles Éparses de l’océan Indien, elles comprennent le banc corallien des Glorieuses (7 km²), l’atoll d’Europa (30 km²), l’atoll de Bassas da India (1km²) et la petite île corallienne de Tromelin (1 km²), le banc du Geyser et le banc de la Zélée.
 
3 - L’état des récifs coralliens des DOM-TOM.
 
Il est difficile de dresser un bilan, d’autant que près de 80% de la surface des récifs coralliens des collectivités d’Outre-Mer n’ont pas encore été visités : les formations récifales des îles éloignées de Nouvelle-Calédonie, la plus grande partie du récif barrière de cette même île, les récifs de Wallis et Futuna, près de 50 îles en Polynésie, le récif barrière de Mayotte, et les îles Éparses de l’océan Indien restent encore peu connus. Compte tenu de cette réalité, on estime à moins de 5% les récifs dégradés dans les DOM-TOM.
a) Bref panorama
- Nouvelle-Calédonie (11 habitants/km²), les récifs sont en bon état avec des dégradations ponctuelles autour de Nouméa et en aval des sites miniers.
- L’état du récif de Wallis (66 habitants/km²) est inconnu.
- Futuna, le récif est dégradé.
- En Polynésie française (65 habitants/km²), la plupart des récifs dans les îles et atolls éloignés sont en bon état. Les récifs frangeants des îles hautes de la Société sont touchés : Tahiti compte 20 % de récifs frangeants détruits. A Bora-Bora, 75 % des récifs frangeants sont moyennement ou fortement perturbés. Enfin, 56 % de l’ensemble des récifs sont menacés ou dégradés.
- En Guadeloupe (247 habitants/km²) et en Martinique (357 habitants/km²) , 80 % des récifs sont dégradés.
- A Mayotte (349 hab/km²), 50 % du récif frangeant sont moyennement dégradés ou fortement dégradés, parmi ceux-ci 36% sont mortellement touchés;
- Enfin, à La Réunion (269 hab/km²),: 28 % des récifs sont dégradés et 50 % perturbés.
On peut établir le constat suivant :
- Les zones les plus endommagées sont celles où la population est la plus dense, c’est le cas des récifs frangeants des îles fortement peuplées : les Antilles, Mayotte, la Réunion.
- Dans les autres îles, les récifs proches des zones urbanisées sont les plus dégradés : récifs des îles de la Société en Polynésie, de Nouméa en Nouvelle-Calédonie.
- Les récifs frangeants, proches des côtes, sont les plus touchés tandis que les récifs barrières et pentes externes, protégés par le lagon, demeurent souvent indemnes.
- Les récifs sont soumis à des variations souvent très brutales, à la suite de catastrophes naturelles (cyclones, Acanthaster, blanchissement, rejet massif de sédiments terrigènes) qui alternent avec de longues périodes de stabilité, ou d’évolution progressive. La pollution chronique, quant à elle, conduit à une lente dégradation des récifs (Antilles, Réunion).
- Les récifs qui subissent la plus faible pression humaine sont les récifs de Nouvelle-Calédonie, les atolls et récifs éloignés de Polynésie (Tuamotu, Gambier) et les îles Éparses de l’océan Indien.
b) Les conséquences
Outre les dégradations mécaniques qui contribuent à la disparition totale des récifs, les dégradations se traduisent, dans la plupart des cas, par :
- la mortalité des coraux;
- la diminution de la diversité corallienne;
- la prolifération excessive des algues d’autres organismes (alcyonaires ...), au détriment des coraux;
- la modification des peuplements ichtyologiques avec diminution des carnivores au profit des herbivores;
- la mortalité ou, au contraire, la prolifération des oursins (Antilles).
 
4 - Les actions conduites par les DOM-TOM pour protéger leurs récifs.
 
Les réponses apportées par les DOM-TOM aux problèmes des lagons sont diverses, d’autant que le statut des collectivités d’Outre-Mer est différent :
- les DOM (les Antilles, la Réunion) disposent des mêmes compétences et sont soumis au même régime législatif et réglementaire que les départements métropolitains;
- les TOM (Wallis et Futuna, Polynésie française et Nouvelle-Calédonie), en revanche, sont autonomes. Ils ont la pleine compétence dans le domaine de l’environnement. Les lois et règlements nationaux ne s’y appliquent pas, sauf mention expresse. Ces TOM élaborent leur propre corpus juridique;
- Mayotte est une collectivité territoriale avec un statut spécifique.
a) Les mesures
- La planification : les schémas de mise en valeur de la mer  et les schémas de gestion des eaux applicables dans les DOM sont des outils de planification et de gestion qui permettent l’établissement des prescriptions d’aménagement ou de gestion des pollutions, en assurant la protection des récifs. De tels outils ne sont pas applicables aux TOM. Mais la Polynésie, qui possède un outil réglementaire similaire au SMVM, le plan de gestion des espaces maritimes (PGEM), ainsi que la Nouvelle-Calédonie élaborent des schémas d’aménagement destinés à mieux prendre en compte la fragilité des récifs.
- Les aires protégées : à l’exception de la Martinique, de Wallis et Futuna et de Clipperton, il existe des aires protégées dans tous les DOM-TOM. Au total, on compte une quinzaine de sites " récifaux " protégés dont 13 ont un statut de réserve naturelle. Ces aires couvrent 62.000 ha de récifs, soit près de 1 % de la surface totale. On compte un site RAMSAR (Grand-Cul-de-Sac-Marin de Guadeloupe), deux réserves de la Biosphère (Grand-Cul-de-Sac-Marin de Guadeloupe, atoll de Taiaro en Polynésie). Il faut aussi savoir que le Conservatoire du Littoral intervient dans les DOM et à Mayotte mais pas dans les TOM.
- Les autres mesures concernent l’assainissement (la Réunion, Bora-Bora, Nouméa), la lutte contre l’érosion des sols (La Réunion , Mayotte, Nouvelle-Calédonie), la gestion rationnelle des ressources vivantes (Nouvelle-Calédonie), la rationalisation des activités d’extractions de matériaux coralliens (Polynésie) et la lutte contre les impacts du tourisme (Polynésie, Antilles).
b) La recherche et la surveillance
Les DOM-TOM comptent des institutions et des infrastructures de recherche importantes et le potentiel de recherche français sur les récifs coralliens est considérable. Aujourd’hui, près de 150 à 200 chercheurs travaillent en France sur ces écosystèmes.
Grâce aux toutes premières recherches sur les écosystèmes coralliens, à Madagascar et en Nouvelle-Calédonie au début des années 60, les chercheurs français ont fortement contribué à une meilleure connaissance des composantes, des structures et du fonctionnement des écosystèmes récifaux. Certaines recherches sont internationalement reconnues comme celles sur la connaissance des écosystèmes d’atolls, les flux de carbone dans les écosystèmes coralliens, et les travaux de géologie récifale.
De 1990 à 1998, le Programme National Récifs Coralliens (PNRCO), financé essentiellement par le Centre National de la Recherche Scientifique et l’ORSTOM, a contribué à donner à la recherche récifale française une grande lisibilité au sein de la communauté scientifique internationale.
Certaines recherches sont particulièrement innovantes, comme la cartographie des milieux récifaux appliquée à l’aménagement, les méthodologies d’études d’impact en milieu récifal (édition par le ministère d’un guide méthodologique), la mise au point d’ouvrages de protection du littoral, la réalisation d’écrans en géotextile pour protéger les récifs lors de chantiers d’extraction, et, enfin, la restauration de récifs coralliens avec la mise en place de massifs reconstitués et la transplantation de coraux vivants.
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Des liens sur les coraux, les récifs coralliens et les mangroves :

IFRECOR

L'Initiative Française sur les cifs Coralliens

International Coral Reef Initiative

Site officiel de l'ICRI

L'un des deux excellents sites en français sur les coraux. Très complet.

Le site de Fabrice POIRAUD-LAMBERT

Et voici le second... Celui d'un passionné d'aquariophilie. Un site en français bourré d'informations.

Coral reef map Les cartes mondiales des récifs coralliens.

The cnidaria web page

Pour tout savoir sur les cnidaires, embranchement auquel les coraux appartiennent.

   

The reef resource page

(lien rompu... je le cherche...)

Le site de Paul Blanchon (Université d'Alberta - Canada).

International Society for Reef Studies

L'ISRS et la revue scientifique CORAL REEFS

Coral health

National Ocean and Atmospheric Administration (NOAA)

The coral desease page

Le site perso de Harry McCarty et Esther Peters des plongeurs, biologistes, océanographes, géochimistes...Quelle famille!

Reef Environmental Education Foundation

Le REEF

Coral reefs and mangrove of the world

Le World Conservation Monitoring Centre

Reef net

Un site pour comprendre le fonctionnement des écosytème récifaux.

Coral See Imagery

C'est en Australie. Vous pouvez y commander des bouquins, des vidéos, des CD ROM,... sur les récifs coralliens.

Pour ne plus trop de dire de bétises sur
El Niño
 
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