- 600.000
km² de récifs coralliens dans le monde : les principales
causes de leur dégradation.
-
- 1 - Qu’est-ce
qu’un récif ?
-
Les récifs sont des
structures sous-marines construites par les coraux. Les coraux sont
des animaux marins, vivant en symbiose avec des algues et qui
constituent leur propre squelette calcaire. Ces structures
coralliennes servent d’abris à des milliers d’espèces qui
forment la communauté corallienne.
Les récifs
représentent une grande diversité géomorphologique.
-
- On distingue :
- - le récif frangeant,
étroit, qui borde la côte (les Antilles);
- - le récif barrière, séparé
de la côte par un lagon qui peut atteindre plusieurs dizaines
de kilomètres de large (Australie, Nouvelle-Calédonie);
- - l’atoll, qui est un récif
annulaire de haute mer entourant un lagon central (atolls de l’océan
Indien, des Tuamotu, des Maldives);
- - le banc récifal, qui est un
édifice corallien construit en pleine mer sur un haut fond.
Les
écosystèmes associés
aux récifs coralliens sont :
- les
herbiers de phanérogrammes : zones de nutrition, en particulier pour les
espèces menacées (tortues marines, Dugong) et frayères qui
stabilisent le sédiment et oxygènent les eaux;
- les
mangroves : systèmes
biologiques très productifs, zones de reproduction et de
nourricerie qui fixent les sédiments et les agents de protection
des côtes contre les tempêtes et l’érosion côtière.
- Ces écosystèmes occuperaient environ le tiers des littoraux
tropicaux peu profonds du monde : 15% pour les récifs coralliens,
9% pour les mangroves, 9% pour les herbiers.
-
Les
récifs coralliens sont présents dans plus de 100 pays, recouvrant
une surface équivalente à celle de la France.
L’écosystème
récifal est, avec les forêts tropicales, l’écosystème le plus
riche en biodiversité ainsi que le plus complexe et le plus
productif de la planète.
Les récifs abritent des dizaines de milliers d’espèces
appartenant à tous les groupes zoologiques, poissons,
invertébrés marins (mollusques, crustacés, éponges, coraux,
vers...), mammifères, et. Dans les zones les plus riches, on peut
compter plus de 700 espèces de coraux, plus de 6000 espèces de
mollusques et près de 4000 espèces de poissons. Elles sont
répertoriées par l’Union Internationale de la Conservation de
la Nature (UICN), dans son Livre Rouge, et par la Convention sur
le Commerce International des Espèces Menacées de la Faune et de
la Flore Sauvage (CITES). C’est le cas des Dugong (vaches
marines), des tortues vertes, luth et des baleines.
Outre
cet intérêt écologique, les récifs coralliens et leurs milieux
jouent un rôle social, économique et culturel majeur pour 100
millions d’individus
dont l’activité en dépend : pêche vivrière et commerciale,
tourisme, activités artisanales...On estime qu’un demi-milliard
de personnes, soit 8% de la population mondiale, vit à moins de 100
km d’un récif corallien. Dans le Pacifique, 2,5 millions d’individus
habitent sur les îles entourées de récifs.
Les récifs et leurs écosystèmes constituent en effet la
principale source de nourriture pour beaucoup d’insulaires : 90%
des protéines animales consommées dans les îles du Pacifique
sont d’origine marine. La production potentielle des ressources
marines d’origine récifale est estimée à 12% des captures
mondiales actuelles. Par ailleurs, les récifs coralliens
contribuent environ au quart des captures totales de poissons. En
Asie, par exemple, ils fournissent de la nourriture à 1 milliard
d’habitants. Enfin, on considère globalement que la destruction
d’un km² de récifs prive les communautés côtières des
moyens d’alimenter 40 à 80 de leurs familles.
Il faut ajouter aux " qualités nutritives "
des récifs et de leurs écosystèmes, un intérêt dans le
domaine médical (prothèses) et pharmaceutique (substances
actives prélevées sur de très nombreux organismes marins, comme
les éponges, les ascidies...).
Ainsi, de nombreuses îles uniquement formées de matériaux
coralliens ne doivent leur existence qu’aux récifs, comme les
quelques 400 atolls du monde.
Par ailleurs, les coraux forment un rempart naturel, pour les
côtes, contre la violence de la mer et notamment des cyclones.
Enfin, ils offrent les plus beaux paysages de tout le monde
sous-marin. Ils sont par conséquent le support d’activités
touristiques et de loisirs essentiel à l’économie de certains
pays.
2 - Les principales causes de dégradation des récifs
coralliens et des écosystèmes associés (herbiers et mangroves).
10%
des récifs dans le monde sont déjà irrémédiablement condamnés,
et 30% d’entre eux sont fortement menacés de disparition d’ici
30 ans si aucune action de protection n’est entreprise. 58% de l’ensemble
des récifs seraient mis en danger par l’activité humaine. Plus
de 80% des récifs du Sud-est asiatique sont très menacés,
principalement par le développement du littoral et les pressions
liées à l’exploitation des ressources. En dehors du Pacifique, 70% des récifs sont
soumis à une forte pression humaine. Les récifs du Pacifique sont
les moins menacés.
Parmi
les principales menaces
qui pèsent sur ces écosystème figurent :
- les
pressions anthropiques,
au premier rang desquelles se situe la croissance exponentielle de
la population et toutes ses conséquences (pollution, urbanisation,
surexploitation des richesses marines...). En effet, les récifs
côtiers situés dans des zones à forte démographie sont ceux qui
subissent la plus grande dégradation. Souvent chroniques, ces
pressions liées aux activités humaines ont un impact localisé et
immédiat sur la frange littorale.
- les
pressions naturelles, comme le phénomène global des changements
climatiques, qui s’exercent
indifféremment sur toutes les zones du récif, frangeant ou
barrière.
a)
Les pressions anthropiques
Les grands travaux d’aménagement (urbanisation,
infrastructures, terrassements...), la déforestation, les mauvaises
pratiques agricoles, l’exploitation des mines contribuent à
renforcer la destruction du couvert végétal qui subit déjà, dans
les îles tropicales, l’érosion naturelle (pluies violentes,
vents...). Terres et sédiments se répandent ainsi dans la mer,
directement ou après avoir été transportés par les rivières, et
viennent étouffer les coraux et dissimuler la lumière vitale à ce
milieu marin. S’y ajoutent l’eutrophisation des eaux.
C’est l’une des causes majeures de dégradation des coraux
dans le monde.
Les remblais littoraux sur les récifs ou sur les mangroves, pour
gagner du terrain sur la mer, détruisent totalement le récif et
perturbent la courantologie lagunaire.
Les dragages pour la construction de ports ou de chenaux de
navigation, et l’extraction des granulats coralliens, qui servent
à la construction et à la réalisation de routes, sont des
activités courantes dans de nombreux pays. Elles détruisent
totalement les récifs touchés et étouffent les récifs alentours,
en raison des sédiments coralliens mis en suspension.
La pollution des eaux, d’origine agricole, industrielle et
domestique (nitrates et phosphates), surtout dans les zones où l’assainissement
n’est pas satisfaisant, participe également à l’eutrophisation
des eaux et favorise la multiplication d’algues ou autres
organismes qui étouffent les coraux. Ces algues envahissent parfois
même les herbiers et les détruisent. Les pesticides à usage
agricole ou domestique, souvent rémanents, se révèlent eux aussi
toxiques. Quant aux pollutions industrielles (hydrocarbures, métaux
lourds, détergents), elles sont toxiques pour les organismes
récifaux et ravagent particulièrement les mangroves.
L’exploitation intensive des ressources vivantes, notamment dans
le Sud-Est asiatique et les Caraïbes, met des espèces en danger de
disparition. En effet, certaines techniques de pêche industrielle
ou artisanale sont particulièrement destructrices pour l’ensemble
du milieu (prélèvement non sélectif des espèces et des jeunes):
les filets maillants aux mailles trop fines, la pêche par
empoisonnement, la pêche à la dynamite, les fusils sous-marins...
L’utilisation de cyanure, par exemple, qui paralyse les poissons
pour les capturer vivants, a démarré aux Philippines dans les
années 1960 en réponse à la forte demande de poissons d’aquarium
sur les marchés européen et américain, un marché qui atteint 200
millions de $ par an. Les études du World Resource Institute
indiquent que " depuis les années 1960, plus de 1000
tonnes de cyanure ont été déversés sur les récifs des
Philippines ". Outre les risques pour la santé, le
cyanure tue les coraux.
Le tourisme s’avère également souvent nuisible pour les
récifs, d’abord lors de l’aménagement des infrastructures
(terrassement, dragage des récifs, rejet des eaux usées...), mais
aussi par les activités offertes aux plaisanciers (mouillage de
navires sur les coraux ou les herbiers, rejets domestiques des
navires et des vacanciers, fréquentation des récifs par les
touristes qui piétinent les platiers, plongent, brutalisent ou
brisent les coraux et collectent la faune et la flore marines).
b) Les
pressions naturelles
L’augmentation de gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère
pourrait perturber le fonctionnement des écosystèmes coralliens.
En effet, ce gaz contribue au réchauffement des eaux de surface des
mers. Cette hausse de température, amplifiée en 1998, dans le
Pacifique Sud par le courant chaud El Niño, favorise le blanchissement des récifs coralliens. Ce
phénomène périodique, dont la fréquence et l’intensité en 1998
sont sans précédent, a atteint, dans les quatorze derniers mois 40
à 50% des récifs dans le monde.
La fréquence et l’intensité des cyclones devraient augmenter
de 10 à 20% d’ici 2070. Or, sur le long terme, les cyclones comme
les tempêtes contribuent à l’évolution de la géomorphologie
des récifs et des îles coralliennes.
Par ailleurs, en plus de l’impact direct de destruction, dû à
la force de la houle, les cyclones provoquent des ravinements. La
terre transportée par les rivières, induit une forte
sédimentation qui absorbe la lumière indispensable aux coraux. Les
effets sont plus marqués en aval des bassins versants qui sont
touchés par les activités humaines (mines, exploitations
agricoles, terrassements...).
L’étoile de mer nommée Acanthaster planci qui se nourrit de tissus
coralliens prolifère dans les récifs de 26 pays. L’origine de
son explosion démographique est encore inconnue. En Polynésie,
cette étoile géante est responsable de la disparition de 90% des
coraux, dans certains secteurs.
Les maladies des coraux d’origine bactérienne (maladie de la
bande noire et maladie de la bande blanche) se sont manifestées de
manière irrégulière et principalement dans les Caraïbes. Ces
maladies encore peu connues ont contribué, avec les cyclones, à
décimer les populations de corail appelé Acropora palmata.
- Avec
55 000 Km² de récifs dans les DOM-TOM, la France possède l'un
des plus grands domaines coralliens du monde.
-
1 -
Enjeux écologiques, culturels, économiques et sociaux des récifs
coralliens d’Outre-Mer.
La France est le seul pays au monde à posséder des récifs
coralliens dans les 3 océans tropicaux, dans les DOM-TOM. Ils s’étendent
sur un linéaire côtier de plus de 5.000 km en longueur
développée et couvrent environ 55.000 km² ce qui représente
près de 10% en surface des récifs mondiaux.
Une grande partie des îles des collectivités françaises de l’Outre-Mer
sont entourées de récifs coralliens. 20% des atolls coralliens du
monde sont situés en Polynésie française.
S’étendant sur plus de 1.600 km, la barrière de
Nouvelle-Calédonie est la seconde plus grande barrière récifale
du monde après la Grande Barrière d’Australie. La
Nouvelle-Calédonie et Mayotte présentent, elles, des doubles
récifs barrières, phénomène extrêmement rare. Il en existe
moins de 10 au monde.
Enfin, grâce en grande partie à la présence de récifs, la
France possède l’une des plus vastes Zones Économiques
Exclusives (ZEE) du monde (cette zone peut s’étendre au maximum
jusqu’à 200 miles marins à partir des côtes. L’État côtier
détient des droits exclusifs sur l’exploitation des ressources
naturelles dans cette zone): plus de 90% de l’espace maritime
national se situe dans les DOM-TOM.
- a) L’intérêt écologique des
récifs coralliens des DOM-TOM
- - Ce sont les écosystèmes marins français les plus riches en
espèces, notamment le récif de Nouvelle-Calédonie, avec plus de
15.000 espèces répertoriées à ce jour, dont 300 espèces de
coraux, 5.500 espèces de mollusques et près de 2.000 espèces de
poissons.
- - Plusieurs îles éparses du Pacifique ou de l’Océan Indien
sont des sites d’importance vitale pour la reproduction des
tortues : Chesterfield, Huon, Bellona en Nouvelle-Calédonie,
Scilly en Polynésie et Tromelin dans l’océan Indien.
- - Quelques unes de ces îles sont des sanctuaires sous-marins
encore vierges.
- - La diversité des formations récifales est exceptionnelle. De
plus, ces milieux constituent des sites d’importance majeure
pour de nombreuses espèces, comme les tortues marines et les
Dugongs (vaches marines) désormais introuvables dans les eaux
françaises sauf en Nouvelle-Calédonie et à Mayotte.
- - Les quelques 80 atolls de Polynésie française, ainsi que de
nombreuses "les coralliennes éparses de la France dans l’océan
Indien, formées uniquement de matériaux coralliens.
b) L’intérêt
culturel et socio-économique
- - les produits de la pêche varient entre 2000 et 9000 tonnes
par an, suivant les DOM-TOM. La pêche de subsistance, non
comptabilisée, est vitale pour les populations mélanésiennes de
Nouvelle-Calédonie, à Wallis et Futuna,à Mayotte, aux Antilles,
et en Polynésie. Les poissons et autres produits marins
correspondent, en effet, pour ces populations à la première
source de protéines;
- - quant à la perliculture, elle constitue une ressource majeure
en Polynésie qui a généré 800 millions de FF en 1997 et a
permis le retour des populations sur les atolls éloignés des
Tuamotu-Gambier;
- - le tourisme, en expansion grâce à la beauté des paysages et
des récifs, engendre avec la perliculture, les plus grosses
recettes en Polynésie, soit 7% du PIB. Une étude menée à
Moorea indique que le lagon représente 80% de l’utilisation des
milieux par les touristes des hôtels. Le tourisme constitue
également la principale activité de l’économie des îles
antillaises : le chiffre d’affaires suscité par la
plongée sous-marine en Martinique est estimé à environ 15
millions de FF par an.
-
2 - Présentation des récifs des
collectivités de l’Outre-Mer.
- a) Dans l’océan Pacifique
- - en Nouvelle-Calédonie, le récif
barrière s’étend sur environ 1.600 km et constitue la seconde
plus grande barrière au monde, après la grande barrière d’Australie.
Avec l’ensemble des récifs qui constituent les îles autour de
la Nouvelle-Calédonie, comme les
atolls submergés de Fairway et
de Lansdowne et, plus à l’ouest,
encore les deux grands atolls de
Chesterfield et de Bellona, l’ensemble
des formations récifo-lagonaires couvrent environ 40.000 km²;
- - à Wallis, l’île est entourée
d’un récif barrière qui s’étend sur 24 km de long tandis qu’à
Futuna et Alofi,
les récifs, uniquement frangeants, sont très peu développés;
- - la Polynésie étend ses 120
îles sur 2.500.000 km² d’océan. Les îles hautes volcaniques
de l’archipel de la Société sont
entourées de récifs frangeants et barrière, tandis que l’archipel des Tuamotu compte 80 atolls.
Les surfaces récifo-lagonaires occupent au total 12.000 km²,
soit 4 fois plus que les terres;
- - enfin, situé très à l’est dans le Pacifique, Clipperton est un petit atoll de 6 km²,
dont 2 km² seulement de terres émergées.
b)
Dans l’océan Atlantique
- - La Guadeloupe et d’autres îles
telles Marie-Galante, les îles de l’archipel
des Saintes, la Désirade, Petite-Terre,
Saint-Barthélemy, et Saint-Martin sont entourées de
récifs frangeants et de formations coralliennes qui ne forment
pas de récif. Une barrière récifale de 29 km de long s’étend
dans le Grand cul de sac Marin.
- - En Martinique, à l’ouest s’étendent
des formations coralliennes, au sud des récifs frangeants, les
plus riches, tandis que sur la côte est s’étend sur 25 km une
barrière récifale en grande partie d’origine algale.
c)
Dans l’océan Indien
- - Mayotte est entourée d’un
grand récif barrière étendu sur 197 km et qui couvre 1.500
km2 ; il figure parmi les plus grands récifs barrières de
cette partie de l’océan Indien;
- - à La Réunion,
les récifs frangeants bordent la côte ouest sur 25 km;
- - quant aux îles Éparses de l’océan
Indien, elles comprennent le banc corallien des Glorieuses (7
km²), l’atoll d’Europa (30
km²), l’atoll de Bassas da India
(1km²) et la petite île corallienne de Tromelin
(1 km²), le banc du Geyser et le banc de la
Zélée.
3 - L’état des récifs coralliens des DOM-TOM.
Il est difficile de dresser un bilan, d’autant
que près de 80% de la surface des récifs coralliens des
collectivités d’Outre-Mer n’ont pas encore été
visités : les formations récifales des îles éloignées de
Nouvelle-Calédonie, la plus grande partie du récif barrière de
cette même île, les récifs de Wallis et Futuna, près de 50 îles
en Polynésie, le récif barrière de Mayotte, et les îles Éparses
de l’océan Indien restent encore peu connus. Compte tenu de cette
réalité, on estime à moins de 5% les récifs dégradés dans les
DOM-TOM.
a)
Bref panorama
- - Nouvelle-Calédonie (11
habitants/km²), les récifs sont en bon état avec des
dégradations ponctuelles autour de Nouméa et en aval des sites
miniers.
- - L’état du récif de Wallis (66
habitants/km²) est inconnu.
- - Futuna, le récif est dégradé.
- - En Polynésie française (65
habitants/km²), la plupart des récifs dans les îles et atolls
éloignés sont en bon état. Les récifs frangeants des îles
hautes de la Société sont touchés : Tahiti
compte 20 % de récifs frangeants détruits. A Bora-Bora, 75 % des récifs frangeants
sont moyennement ou fortement perturbés. Enfin, 56 % de l’ensemble
des récifs sont menacés ou dégradés.
- - En Guadeloupe (247
habitants/km²) et en Martinique (357
habitants/km²) , 80 % des récifs sont dégradés.
- - A Mayotte (349 hab/km²), 50
% du récif frangeant sont moyennement dégradés ou fortement
dégradés, parmi ceux-ci 36% sont mortellement touchés;
- - Enfin, à La Réunion (269
hab/km²),: 28 % des récifs sont dégradés et 50 % perturbés.
On peut établir le constat suivant :
- - Les zones les plus endommagées sont celles où la population
est la plus dense, c’est le cas des récifs frangeants des îles
fortement peuplées : les Antilles, Mayotte, la Réunion.
- - Dans les autres îles, les récifs proches des zones
urbanisées sont les plus dégradés : récifs des îles de la
Société en Polynésie, de Nouméa en Nouvelle-Calédonie.
- - Les récifs frangeants, proches des côtes, sont les plus
touchés tandis que les récifs barrières et pentes externes,
protégés par le lagon, demeurent souvent indemnes.
- - Les récifs sont soumis à des variations souvent très
brutales, à la suite de catastrophes naturelles (cyclones, Acanthaster,
blanchissement, rejet massif de sédiments terrigènes) qui
alternent avec de longues périodes de stabilité, ou d’évolution
progressive. La pollution chronique, quant à elle, conduit à une
lente dégradation des récifs (Antilles, Réunion).
- - Les récifs qui subissent la plus faible pression humaine sont
les récifs de Nouvelle-Calédonie, les atolls et récifs
éloignés de Polynésie (Tuamotu, Gambier) et les îles Éparses
de l’océan Indien.
b)
Les conséquences
- Outre les dégradations mécaniques qui
contribuent à la disparition totale des récifs, les
dégradations se traduisent, dans la plupart des cas, par :
- - la mortalité des coraux;
- - la diminution de la diversité corallienne;
- - la prolifération excessive des algues d’autres organismes
(alcyonaires ...), au détriment des coraux;
- - la modification des peuplements ichtyologiques avec diminution
des carnivores au profit des herbivores;
- - la mortalité ou, au contraire, la prolifération des oursins
(Antilles).
4 - Les actions conduites par les DOM-TOM pour
protéger leurs récifs.
Les réponses apportées par les DOM-TOM aux problèmes des lagons
sont diverses, d’autant que le statut des collectivités d’Outre-Mer
est différent :
- - les DOM (les Antilles, la
Réunion) disposent des mêmes compétences et sont soumis au
même régime législatif et réglementaire que les départements
métropolitains;
- - les TOM (Wallis et Futuna,
Polynésie française et Nouvelle-Calédonie), en revanche, sont
autonomes. Ils ont la pleine compétence dans le domaine de l’environnement.
Les lois et règlements nationaux ne s’y appliquent pas, sauf
mention expresse. Ces TOM élaborent leur propre corpus juridique;
- - Mayotte est une collectivité territoriale avec un statut
spécifique.
a)
Les mesures
- - La planification : les schémas
de mise en valeur de la mer et les schémas de gestion des
eaux applicables dans les DOM sont des outils de planification et
de gestion qui permettent l’établissement des prescriptions d’aménagement
ou de gestion des pollutions, en assurant la protection des
récifs. De tels outils ne sont pas applicables aux TOM. Mais la
Polynésie, qui possède un outil réglementaire similaire au SMVM,
le plan de gestion des espaces maritimes (PGEM), ainsi que la
Nouvelle-Calédonie élaborent des schémas d’aménagement
destinés à mieux prendre en compte la fragilité des récifs.
- - Les aires protégées : à l’exception
de la Martinique, de Wallis et Futuna et de Clipperton, il existe
des aires protégées dans tous les DOM-TOM. Au total, on compte
une quinzaine de sites " récifaux "
protégés dont 13 ont un statut de réserve naturelle. Ces aires
couvrent 62.000 ha de récifs, soit près de 1 % de la surface
totale. On compte un site RAMSAR (Grand-Cul-de-Sac-Marin de
Guadeloupe), deux réserves de la Biosphère (Grand-Cul-de-Sac-Marin
de Guadeloupe, atoll de Taiaro en Polynésie). Il faut aussi
savoir que le Conservatoire du Littoral intervient dans les DOM et
à Mayotte mais pas dans les TOM.
- - Les autres mesures concernent l’assainissement
(la Réunion, Bora-Bora, Nouméa), la lutte contre l’érosion
des sols (La Réunion , Mayotte, Nouvelle-Calédonie), la gestion
rationnelle des ressources vivantes (Nouvelle-Calédonie), la
rationalisation des activités d’extractions de matériaux
coralliens (Polynésie) et la lutte contre les impacts du tourisme
(Polynésie, Antilles).
b)
La recherche et la surveillance
- Les DOM-TOM comptent des institutions et des infrastructures de
recherche importantes et le potentiel de recherche français sur
les récifs coralliens est considérable. Aujourd’hui, près de
150 à 200 chercheurs travaillent en France sur ces écosystèmes.
- Grâce aux toutes premières recherches sur les écosystèmes
coralliens, à Madagascar et en Nouvelle-Calédonie au début des
années 60, les chercheurs français ont fortement contribué à
une meilleure connaissance des composantes, des structures et du
fonctionnement des écosystèmes récifaux. Certaines recherches
sont internationalement reconnues comme celles sur la connaissance
des écosystèmes d’atolls, les flux de carbone dans les
écosystèmes coralliens, et les travaux de géologie récifale.
- De 1990 à 1998, le Programme National Récifs Coralliens (PNRCO),
financé essentiellement par le Centre National de la Recherche
Scientifique et l’ORSTOM, a contribué à donner à la recherche
récifale française une grande lisibilité au sein de la
communauté scientifique internationale.
- Certaines recherches sont particulièrement innovantes, comme la
cartographie des milieux récifaux appliquée à l’aménagement,
les méthodologies d’études d’impact en milieu récifal
(édition par le ministère d’un guide méthodologique), la mise
au point d’ouvrages de protection du littoral, la réalisation d’écrans
en géotextile pour protéger les récifs lors de chantiers d’extraction,
et, enfin, la restauration de récifs coralliens avec la mise en
place de massifs reconstitués et la transplantation de coraux
vivants.
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